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Louis XIV au jour le jour

18 Février 1692: Philippe II d’Orléans, duc de Chartres et Françoise Marie de Bourbon

18 Février 2018 , Rédigé par YANN SINCLAIR Publié dans #Calendrier, #Février, #1692

 

Mariage de Philippe d'Orléans, duc de Chartres
et de Françoise Marie de Bourbon
en la chapelle de Versailles
 

Philippe d'Orléans (1674-1723), futur Régent de France
D’après Hyacinthe Rigaud
(C) RMN (Château de Versailles)


Françoise Marie de Bourbon, "Mademoiselle de Blois"
duchesse d'Orléans en 1692 (1677-1749)
Par François de Troy (1645-1730)
(C) RMN (Château de Versailles)



Madame la Palatine, duchesse d’Orléans s'opposa tant qu'elle put à ce mariage qui blessait sa fierté et abaissait sa famille.

Françoise-Marie de Bourbon était effectivement une des filles naturelles et légitimée de Louis XIV et de la marquise de Montespan.

Elle céda à contrecœur devant la volonté de Louis XIV.

Saint-Simon décrit avec humour les réactions de la princesse:
« Madame se promenait dans la galerie avec Châteauthiers, sa favorite et digne de l'être; elle marchait à grands pas, son mouchoir à la main, pleurant sans contrainte, parlant assez haut, gesticulant et représentant bien Cérès après l'enlèvement de sa fille Proserpine, la cherchant en fureur et la redemandant à Jupiter. »

Et plus loin:
« Il fut encore fort remarqué qu'au sortir de table et à la fin de ce cercle debout d'un moment dans la chambre du roi, il fit à Madame une révérence très marquée et basse, pendant laquelle elle fit une pirouette si juste, que le roi en se relevant ne trouva plus que son dos, et [elle] avancée d'un pas vers la porte. »

Son fils ayant cédé devant le roi malgré ses promesses, la Palatine n'hésita pas à lui donner une gifle sonore, dans la grande galerie de Versailles, Saint-Simon retrace cette scène:
« Le lendemain toute la cour fut chez Monsieur, chez Madame et chez M. le duc de Chartres, mais sans dire une parole; on se contentait de faire la révérence, et tout s'y passa en parfait silence. On alla ensuite attendre à l'ordinaire la levée du conseil dans la galerie et la messe du roi. Madame y vint. M. son fils s'approcha d'elle comme il faisait tous les jours pour lui baiser la main. En ce moment Madame lui appliqua un sdxhilite0soufflet si sonore qu'il fut entendu de quelques pas, et qui, en présence de toute la cour, couvrit de confusion ce pauvre prince, et combla les infinis spectateurs, dont j'étais, d'un prodigieux étonnement. Ce même jour l'immense dot fut déclarée, et le jour suivant le roi alla rendre visite à Monsieur et à Madame, qui se passa fort tristement, et depuis on ne songea plus qu'aux préparatifs de la noce. »

Ordre des Tables sur lesquelles fut servi le dîner et le souper donné par le Roy à l'occasion du mariage de Mgr. le duc de Chartres avec Mademoiselle de Blois le 18 février 1692 (estampe)


On donna également une nouvelle maison à la future mariée :
« Ce fut, un peu après, les fiançailles et la signature du contrat de mariage, dans le cabinet du roi, en présence de toute la cour. Ce même jour la maison de la future duchesse de Chartres fut déclarée; le roi lui donna un chevalier d'honneur et une dame d'atours, jusqu'alors réservés aux filles de France, et une dame d'honneur qui répondit à une si étrange nouveauté.
M. de Villars fut chevalier d'honneur, la maréchale de Rochefort dame d'honneur, la comtesse de Mailly dame d'atours, et le comte de Fontaine-Martel, premier écuyer
. "


Ajouté par Admin
Voir l'épisode du soufflet dans la Galerie des Glaces à la date du 10 janvier 1692
Cela s'est passé en janvier

Les fiançailles forcés se firent le dimanche 17 févirer, à 10 h du soir dans le Grand salon " où le roi s'habille"
Les fiancés furent bénis par le Grand aumonier dee France, puis M de Ponchartrain procéda à la lecture du contrat de mariage au bas duquel toute la famille royale apposa son paraphe.

On y parlait argent :
La princesse devait recevoir une dot considérable de 2 millions de livres dont un quart seulement devait rentrer dans la communauté.
Le reste, à defaut d'heritiers, revenant aux frères de la fiançée.
En outre la nouvelle duchesse de Chartres se voyait offrir une pension annuelle de 150 000 livres et des pierreries d'une valeur de plus de 600 000 livres.
Le Duc , dans l'attente d 'un commandement militaire et d'une gouvernement de province : le lot des cadeaux royaux - recevait la promesse de 200 OOO livres de pension , qui s'ajouterait à sa pension actuelle de 150 000 livres.

Louis XIV recompensa son frère Monsieur en lui octroyant la jouissance totale du Palais Royal à Paris à l'occasion de ce mariage rondemement négocié : imposer à son neveu une femme née d'un double adultère, fut une affaire quasi diplomatique, qui couta au roi autant de peine que de subtilité d'un traite !
Fière de sa vertu comme de sa race, madame execrait les batards et Monsieur, si féru de préseances, etait en accord sur ce point.

Aprés la signature du contrat, s'ouvrit chez le roi, un grand bal.
Mme la princesse de Conti et Mme la Duchesse, ses soeurs, fort vexées et jalouses de voir leur cadette, accédait à un rang supérieur, boudèrent ce bal, l'une prétextant un " abcés au coin de l'oeil" et l'autre prétextant une grossesse !

Ce mariage fut le début de chamailleries continuelles entre soeurs et surtout, pour la cas de Mme La Duchesse, une haine terrible , cause de multiples tracasseries dans la vie du duc.
La Duchesse devenait en effet Petite Fille de France alors qu'elles n'étaient que princesses du sang avec un rang inférieur !

Pour sa fille, le roi offrit un mariage superbe aussi beau que pour ceux de ses propres enfants légitimes :

La cérémonie de noce se fit le lendemain dans la quatriéme chapelle du chateau, peu avant midi.
Le Mercure galant - presse de l'époque - a detaillé - ce qui est assez rare - les tenues vestimentaires des mariés et de la famille royale.
L'union fut benie par le Grand Aumonier de France, le Cardinal de Bouillon.
Un sompteux diner, fut offert par le roi, chez Mme la Dauphine et un " appartement" fut donné, composé d'un concert et d'un bal, furent autant de fééries auxquelles seules la joie manqua.
La réception dura jusqu'au soir suivi d'un souper, donné à 9 h et demie du soir.

Tard dans la nuit, dans l'appartement de l'aile du midi, désormais octroyé au couple, on put admirer le superbe cadeau du roi : une superbe toilette d'orfévrerie.
Aprés la benedicition du lit conjugal, on commença à deshabiller la mariée, selon l'etiquette : Madame , sa future belle mére, fut forcée de lui présenter la chemise.
Le roi d'Angletrre , exilé à St Germain, Jacques II présenta la sienne au duc de Chartres.

Le couple aurait du rencontrer l'amour si le fol orgueil de la duchesse n'avait pas pris le dessus ,
Mme Lucifer - tel sera le surnom que l'on donna à la princesse - etait tyrannique sur les " rangs", méprisante et insolente en fière héritière de la Montespan à tous ,peliene d'orgueil et de froideur poussée à l'extréme, traitant sa belle mére et son mari d'une morgue et d'une superiorité propre à éloigner toute effusion , et surtout d'une arrogance dont la Palatine pensait suffoquer à chaque fois
Et pour complaire à sa belle mére si active, elle se révéla paresseuse et indolente au plus haut point, terrifiée et réservée devant son pére, buvant et se soulant plus que de raison etc...


Description des cérémonies du mariage :
Extraite de l'ouvrage La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV par A.Maral
Lecture en ligne ( aperçu Google Book ) p 144 à 146
Lire le récit des cérémonies

Catégorie : Mariages royaux

 

 

 

Mariage au château de Versailles de Philippe II de Bourbon-Orléans, duc de Chartres et de Françoise Marie de Bourbon, mademoiselle de Blois

 


Au fil du temps, Louis XIV marie ses enfants légitimés avec les branches cadettes de sa famille (Condé et Conti).

Lorsque son nevau est en âge de se marier, Louis XIV décide de l'unir à sa fille Françoise qu'il a eu avec la marquise de Montespan.

Pour convaincre son frère d'accepter cette union, Louis XIV promit pensions, gratification et dons à son frère ainsi qu'aux favoris de ce dernier (en particulier le chevalier de Lorraine qui a été chargé de convaincre Philippe, duc d'Orléans d'accepter cette union)

 

Face au refus de son frère, Louis XIV convoque ce dernier avec son fils, le duc de Chartres pour les persuader d'accepter ce mariage dans la salle du Conseil. Après plusieurs instants, tous deux cédent à Louis XIV. De cette acceptation, il en découlera une scène mémorable qui se déroule dans la Galerie des Glaces. Philippe II d'Orléans s'approche de sa mère Elisabeth Charlotte de Bavière pour la saluer. Cette dernière pour montrer son désaccord donna une violente claque à son fils qui résonna dans toute la Galerie.

 

Les deux époux se détestèrent. Philippe II d'Orléans trompe sa femme et lui donne comme surnom : Mme Lucifer.

 

Plan de table 

 

 

La table est en forme de fer à cheval.

 

Jacques II, Roi d’Angleterre

 

Louis XIV

Louis, dauphin de France

 

 

Philippe, duc d’Orléans

Elisabeth Charlotte de Bavière, duchesse d’Orléans

 

 

Philippe II d’Orléans, duc de Chartres

Françoise de Bourbon, duchesse de Chartres

 

 

Elisabeth Charlotte d’Orléans, Mademoiselle

Anne Marie d’Orléans, duchesse de Montpensier

 

 

Elisabeth d’Orléans, duchesse de Guise

Henri Jules de Condé, prince de Condé

 

 

Anne de Bavière, princesse de Condé

Louis III de Condé, duc de Bourbon

 

 

Louise Françoise de Bourbon, duchesse de Bourbon

Marie Anne de Condé, princesse douairière de Conti

 

 

François Louis de Conti, prince de Conti

Marie Thérèse de Condé, princesse de Conti

 

 

Louise Bénédicte de Condé, duchesse du Maine

Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine

 

 

Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse

Charlotte Séguier, duchesse de Verneuil

 

 

 

 

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