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Louis XIV au jour le jour

15 avril 1719: Décès de la marquise de Maintenon

14 Avril 2017 , Rédigé par YANN SINCLAIR Publié dans #Calendrier

 


seconde femme de Louis XIV


marquise de Maintenon (27 décembre 1674)

 


Gouvernante des bâtards de France (1669)

 

2ème dame d'Atours de la Dauphine (1680 à 1690)

 

fondatrice de la Maison Royale de Saint-Cyr

Parents
  • Mariée le 6 avril 1652, en l'hôtel de Troyes, Paris (75), avec Paul Scarron, seigneur de Fougerest 1610-1660 (contrat de mariage le 04.04.1652 par devant Mes Leboucher & Rivière, notaires au fbg St-Michel à Paris )

 


Ce qu'en a retenu l'Histoire :

Née dans la prison de Niort (Deux-Sèvres) où son père, Constant d'Aubigné, est retenu pour avoir assassiné sa première femme, elle passe son enfance à la Martinique, où son père libéré avait espéré faire fortune, mais il mourut, laissant sa femme et ses deux enfants dans une grande gêne. La famille rentra en France, et la jeune Françoise élevée dans la religion réformée dut abjurer le protestantisme, non sans résistance d'ailleurs, pour être admise au Couvent des Ursulines à Paris, où elle fait ses études.

 

Portrait présumé par Jean Petitot en 1658. Portrait par Louis de Mornay marquis de Villarceaux (son amant de l'époque) en 1660, et portrait réalisé en 1666

 

Elle rencontre, à l'âge de 16 ans, le poète Paul Scarron, chanoine défroqué, pilier de taverne, de 25 ans son aîné. C'est aussi un pauvre homme bossu, les jambes difformes, une épave physique. Françoise n'hésite pas. Douée d'un grand cœur, elle décide se se donner à cet homme souffreteux. Scarron l'introduit dans le grand monde, la fait briller dans les salons. Tandis qu'il achève son Roman comique, elle le soigne avec tendresse, mais elle n'a que 25 ans quand il meurt. Mme Scarron avait su réunir autour d'elle, dans son salon, de nombreux amis et c'est chez l'un d'eux, le maréchal d'Albret, qu'elle avait fait la connaissance de Mme de Montespan (favorite de Louis XIV, celle-ci lui confia l'éducation des enfants qu'elle avait eus avec le roi.

 

Portraits: encore jeune Mme Scarron, en 1670, et en 1680

 

Louis XIV lui donne terre et titre de Maintenon, avant de l'épouser secrètement. Elle eut de l'influence sur le roi, autoritaire mais vieillissant, le poussant à révoquer l'édit de Nantes qui chassa les protestants hors du royaume. Elle contribua à changer la vie de la Cour qui devint très ennuyeuse à la fin du régne de Louis XIV, elle donna l'exemple d'une certaine austérité. Généreuse, elle secourait les déshérités et fonda en 1686, pour les jeunes filles sans fortune, l'institution de Saint-Cyr, où elle se retira après la mort du roi. Ses Lettres écrites de 1865 jusqu'à sa mort ont été publiées.

C.Chéneaux (dictionnaire des femmes célèbres) :

 

Décrite comme une grande convertisseuse de protestants (au catholicisme) - SHPF (Société d'Histoire du Protestantisme Français).

Ce qu'en disent les Archives Historiques de la Gironde

D'une lettre de Constant d'Aubigné, son père, à M. de Lapeyrère, il résulte clairement que la mère "austère" de la future épouse du grand Roi, Jeanne de Cardaillac (" dont l'exemple était la meilleure leçon de vertu ", comme le dit M. le duc de Noailles), n'avait pas attendu le consentement de ses parents pour accorder son amour à celui que son propre père qualifiait à si juste titre de misérable, et qui était alors détenu dans les prisons du Château-Trompette, sous l'accusation de trahison, d'apostasie, de dissipation, de fausse monnaie, de meurtre de sa femme, etc..

 

Portrait par Louis Ferdinand Elle en 1688 avec sa nièce Françoise. Portrait par Pierre Mignard vers 1694 représentée en "Sainte Françoise Romaine", et portrait par Hyacinthe Rigaud réalisé en 1700

De ce fait désormais incontestable à la supposition très vraisemblable que la future Mme de Maintenon fut le fruit de cet amour précoce, et naquit à Bordeaux et non pas à Niort, il n'y a qu'un pas ! Il suffit d'admettre que Mme la marquise de Maintenon, qui ne permettait pas aux généalogistes de parler de sa famille, a eu assez de crédit, trente ou trente-sept ans après sa naissance, pour se procurer un prétendu certificat de baptême qui la rajeunissait de sept années. Dès lors, plusieurs circonstances de l'histoire de l'enfance de Françoise d'Aubigné qui sont inexplicables avec les dates admises jusqu'à ce jour deviennent très faciles à expliquer. La médisance rapportée dans le journal de Mlle d'Aumale, et si maladroitement réfutée par Labeaumelle, cesse d'être une calomnie, et reste réellement une médisance. Les contrastes que présentent la première partie de la vie de Françoise d'Aubigné avec la grande époque du règne de Mme de Maintenon, sont naturellement expliqués.

BdeRauglaudre (archives historiques de la Gironde 1859)

  • Elle fut l'épouse morganatique et secrète de Louis XIV dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683. Le mariage tenu secret eut lieu dans l'ancienne chapelle du château de Versailles, et fut célébré par François de Harlay-Champvallon, archevêque de Paris, en présence d'Henry de Mornay, marquis de Montchevreuil, gouverneur du duc de Maine ; de François Michel Le Tellier, marquis de Louvois, ministre d'Etat ; et d'Alexandre Bontemps, premier valet de chambre du roi (Mémoires de Saint-Simon.

D.Thuret (Descendance d'Agrippa d'Aubigné, Eric Bungener)

Les lieux de vie de Mme de Maintenon :

 

La "maison de Candie" à Niort où naquit Françoise d'Aubigné et le chateau de Mursay, résidence poitevine de sa tante paternelle, Louise d'Aubigné, où elle passa sa petite enfance

 

 

La chambre à coucher de Mme de Maintenon au château de Fontainebleau et son salon au chateau de Fontainebleau

 

 

La chambre à coucher de Mme de Maintenon au château de Maintenon

 

La tombe de Mme de Maintenon (et ses tribulations) (extrait des pages personnelles de Roland Eluert) :

Madame de Maintenon fut d'abord enterrée dans l'allée centrale de l'église de la Maison Royale de Saint-Louis, "sa" maison; celle dont elle avait pu dire en y venant pour la première fois: "Ce qui me fait plaisir, c'est que je vois ici ma retraite et mon tombeau". Sur la dalle de marbre noir, on pouvait lire cette longue épitaphe composée par l'Abbé Vertot :

 

Très-haute et très-puissante dame
Madame Françoise d'Aubigné, Marquise de Maintenon,
Femme illustre, femme vraiment chrétienne;
Cette femme forte que le Sage chercha vainement dans son siècle,
Et qu'il nous eût proposé pour modèle
S'il eût vécu dans le nôtre.
Sa naissance fut très noble.
On loua de bonne heure son esprit, plus encore sa vertu.
La sagesse, la douceur et la modestie
Formaient son caractère, qui ne se démentit jamais.
Toujours égale dans les différentes situations de la vie ;
Mêmes principes, mêmes règles, mêmes vertus.
Fidèle dans les exercices de piété,
Tranquille au milieu des agitations de la Cour
Simple dans la Grandeur,
Pauvre dans le centre des richesses,
Humble au comble des honneurs,
Révérée de Louis le Grand,
Environnée de sa Gloire,
Autorisée par la plus intime confiance,
Dépositaire de ses grâces ;
Qui n'a jamais fait usage de son pouvoir
Que par sa bonté.
Une autre Esther dans la faveur,
Une seconde Judith dans la retraite et l'oraison ;
La mère des pauvres,
L'asile toujours sûr des malheureux.
Une vie si illustre a été terminée par une mort sainte
Et précieuse devant Dieu.
Son corps est resté dans cette maison,
Dont elle avait procuré l'établissement.
Elle a laissé à l'Univers l'exemple de ses vertus.
Décédée le 15 Avril 1719 ; née le 28 Novembre 1635.

En 1794, la Maison Royale était devenue un hôpital militaire. Divers travaux furent effectués dans l'église désaffectée pour la partager en deux étages. Au cours de ces travaux, on raconte que les ouvriers trouvèrent une dalle noire. Les ouvriers brisèrent la dalle, pénétrèrent dans le caveau, défoncèrent le cercueil de chêne et ouvrirent le cercueil de plomb pour en arracher "le corps de l'illustre fondatrice de Saint-Cyr". Si on en croit un témoin oculaire, ils trouvèrent le corps parfaitement conservé, preuve que les embaumeurs avaient su accomplir leur délicate besogne. Le dépouille fut alors traînée dehors et offerte aux insultes de la foule. La "tradition" raconte qu'un jeune officier, à la faveur de la nuit, réussit à soustraire le corps à ces outrages et enterra "dans la sombre allée d'un jardin, les restes tout dépouillés, mais reconnaissables encore de Madame de Maintenon".

En 1802, le directeur du Prytanée, un certain Crouzet, "ayant été averti de l'endroit de cette sépulture, fit exhumer le cadavre pour le placer dans l'ancienne Cour Verte" (actuellement Cour Louis XIV) et cela sans cercueil, mais en jetant simplement les os à même la terre.

En 1805, le Général Dutheil, Commandant le Prytanée, ordonne la destruction du tombeau de "la fanatique qui avait fait révoquer l'Edit de Nantes". Les restes - ou ce qu'il en restait - furent alors placés dans un "coffre d'emballage" et relégués dans le débarras de l'économat (à l'emplacement de l'actuelle salle 06J). Pendant trente ans, le coffre est oublié. Sauf par ceux qui, en toute piété, dérobent quelque ossement en guise de relique.

En 1836, le Colonel Baraguey-d'Hilliers, Commandant l'École Militaire, rassemble le contenu de ce coffre et divers objets retrouvés dans le premier tombeau pour les faire déposer dans un mausolée de marbre noir placé dans un renfoncement du choeur de l'église (sans doute à l'emplacement actuel de la statue polychrome de Saint-Louis).

En 1890, des travaux ont lieu dans le sous-sol de l'église. Le premier tombeau est comblé et les premiers cercueils (chêne et plomb) détruits, mais l'aumônier en recueille quelques fragments.

En 1895, le Général de Monard ordonne que ce premier tombeau soit restauré et il fait placer dessous une dalle: Ici a reposé de 1719 à 1794 le corps de Madame de Maintenon, Fondatrice de la Maison de Saint-Cyr. Dans le même moment, les débris des premiers cercueils sont joints aux restes contenus dans le mausolée de 1836. A cette occasion, un inventaire détaillé est fait en présence de diverses personnes dont Eugène Titeux. Les médecins de l'Ecole identifient les restes comme ceux "d'une personne très âgée, du sexe féminin". Titeux déduit de tout cela, hâtivement peut-être, qu'il s'agit "incontestablement" des restes de Madame de Maintenon. Le tout, restes et débris des cercueils, est placé dans le mausolée, le 18 Juin 1895.

En 1944, après le bombardement qui détruisit l'Ecole, ces restes sont transportés à Versailles.

Enfin, le 15 Avril 1969 , ils sont placés devant l'autel de la chapelle restaurée du jeune Collège Militaire de Saint-Cyr.

 

 


Le tombeau de Mme de Maintenon à Saint Cyr

 

 


Détail du portrait ci-dessus, par Louis Ferdinand Elle the elder, avec sa nièce Françoise

Attention: se méfier de la généalogie de cet ouvrage
http://books.google.fr/books?id=PpsPAAAAQAAJ&pg=RA1-PA1&dq=

Dame d'honneur des cours françaises.

 



Tombeau de Madame de Maintenon (début XXe siècle) - Saint-Cyr.
Tombeau de Madame de Maintenon (début XXe siècle) - Saint-Cyr
Plaque tombale de Madame de Maintenon (état actuel) - Saint-Cyr.
Plaque tombale de Madame de Maintenon (état actuel) - Saint-Cyr
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