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Louis XIV au jour le jour

14 avril 1711: Grand Dauphin Louis de Bourbon

13 Avril 2021 , Rédigé par YANN SINCLAIR Publié dans #Calendrier

 

Le matin, tout danger paraît conjuré. 

 

Mais le soir, vers 23 h 30, mort de Monseigneur au rez-de-chaussée du Château-vieux, dans la chambre de son Grand Appartement Frais, dont la vue donne sur Paris.

 

Le château et la seigneurie de Meudon échoient au duc de Bourgogne, par droit d’aînesse, avec, suivant la volonté de Louis XIV, «les pierres de couleur, parce que la couronne en avait peu»

 

Meudon revient au duc de Bourgogne, nouveau Dauphin, en tant que fils aîné de Monseigneur.

 

Blason province fr Dauphine.svg
dauphin de France
1er novembre 1661 - 14 avril 1711

 Le Grand Dauphin

 


dauphin de France (1er novembre 1661 - 14 avril 1711)

Onze mois suffiront à ruiner tant d'espérances et à proclamer que la solidité dynastique n'était qu'aparente

Pressée, la mort frappe les Bourbons à coups redoublés

Peu après Pâques, le 14 avril, la petite vérole emporte Monseigneur

Sa disparition fait de son fils aîné, le duc de bourgogne, le nouveau dauphin

 

Monseigneur tourna à la mort sur les 11 heures et mourut une demie-heure après.

 

Le Roi, qui ne sut qu'après son souper l'extrémité du mal, descendit dans la chambre de monseigneur, qui avoit perdu toute connoissance, et il fallut l'en arracher.

 

Il monta en carrosse avec madame la Duchesse Louise Françoise de Bourbon, madame la Princesse de Conty, Marie-Anne de Bourbon et Madame de Maintenon, vit madame la Duchesse de Bourgogne sur son chemin entre les deux écuries de Versailles et vint à Marly, où on ne l'entendoit point.

 

Il demeura même, après y être arrivé, jusqu'à 3 heures et demie dans la chambre de madame de Maintenon, saisi de la plus violente douleur du monde

 

Docteur Fagon:

Le roi s'est bien porté jusqu'au 14 du mois d'avril, où il fut saisi d'une inconcevable tristesse de la mort de Monseignewr arrivée à Meudon, comme wn coup de foudre, dans le septième de sa maladie et le cinquième de l'éruption de la petite vérole, entre onze heures et minuit (i). S. M. arrivant cette nuit à Marly, tomba dans un frissonnement général de vapeurs causé par le saisissement violent du cœur; et, quoiqu'elle dormît ensuite trois à quatre heures, elle se sentit tout le jour dans un état fort 'éloigné de son naturel, et depuis ce jour, le renouvellement continuel de ce triste état de douleur, entretenu par tous les ordres que le roi a été obligé de donner sur cet affligeant sujet, en rendant sa tristesse toujours présente, en a soutenu aussi les mauvais effets, savoir : la pesanteur et la douleur de tête, et une espèce de lassitude douloureuse presque continuelle, ou pour le moins revenant toujours à la moindre occasion. Son ventre a été fort serré par la même cause et en devenait une nouvelle de ses incommodités. J'attendais avec impatience l'occasion de le purger, que j'aurais tâché d'avancer sans les tristes cérémonies qui s'y sont opposées. Enfin il l'a été le 4 du mois de mai, parfaitement, et, après une grande évacuation du jour, il se releva la nuit pour faire une grande selle rouge, et une seconde moins'grande de même qualité. Il a été depuis trois jours' sans aller à la garde-robe, et son ventre ensuite s'est remis dans son train; mais du 3e de sa médecine jusqu'au 6e, il a

i

(1) Voir dans Saint-Simon et Dangeau les détails de la mort du dauphin et du séjour du roi à Mariy. jeté six pelotons de sable assez gros et plusieurs petits graviers assez durs. Il suait beaucoup avant sa purgation sans un sensible soulagement ; mais depuis la médecine, les sueurs, quoique moindres, ont été accompagnées de nuits tranquilles et plus utiles. Cela a continué de temps en temps. Il a jeté des pelotons de sable assez gros avec un grain dur au milieu, et, depuis sa purgation jusqu'au 20 du mois, il en a jeté dixsept d'inégales grandeurs. Mais quoique son ventre s'ouvrît assez passablement de deux ou trois jours l'un, le roi sentait toujours des vents qui le gonflaient, et se plaignait de douleurs rhumatisantes et de lassitudes fréquentes, auxquelles l'inégalité des jours froids et pluvieux contribuait autant que le commencement des petits pois dont il mangeait beaucoup à son ordinaire à mesure qu'ils devenaient plus communs.

Je voyais que l'humeur mélancolique et goutteuse, la saison, sa coutume qu'il ne voulait pas changer de se découvrir la nuit, et surtout un fond de tristesse depuis la mort de Monseigneur, rendaient l'état de sa santé fort suspect, et menaçait au moins quelque déclaration de goutte. Cela m'obligea à presser S. M. d'avancer de huit jours le temps de sa purgation et de se résoudre de commencer à en prendre la coutume. Elle a bien voulu me croire, et elle a été purgée le lundi 1" juin, quoique les jours précédents son ventre se fût amplement ouvert.

Parents

(mariage en secret)

 
http://enviedhistoire.canalblog.com/albums/famille_de_louis_xiv/m-louis.jpg

Louis de France, dit le « Grand Dauphin » ou « Monseigneur » est l’unique fils survivant de Louis XIV et de Marie Thérèse d’Autriche.

 

 

Le baptême du Dauphin n'a pas été rapporté sur les registres des baptêmes ou des BMS de la paroisse de Saint-Germain en Laye.

 

Une mention marginale laconique fut par la suite ajoutée sur le seul registre des baptêmes des années 1656-1677, avec la date erronée du 21 mars :

" Le 21 de ce moi // furent faictes // les cérémonies // du baptême de // Monseigneur // le Dauphin // dans le vieux // chateau ce que // nous avons mis // icy pour servir // de memoire "

 

La Mention marginale n'est pas rapportée sur le second registre mis en ligne par les AD des Yvelines. Christophe Lévantal, 2009. HJK.

 

 

Portrait par Beaubrun en 1665, avec sa grand mère Anne d'Autriche (à gauche) et sa mère Marie Thérèse d'Autriche (à droite)


Il eut pour gouverneur le très sévère duc de Montausier, qui servit, dit-on, de modèle à Molière pour sa pièce le « Misanthrope », et pour précepteur l’évèque de Condom, puis de Meaux, Jacques Bénigne Bossuet.

 

Il fut jusqu’en 1674 un élève appliqué.

 

Il reçut une éducation qui lui apprit davantage l’obéissance à son père que de l’art de gouverner un royaume.

 

 

Portrait vers 1668


Ses précepteurs lui transmirent le goût des antiquités (médailles, inscriptions, sculpture)

 

Monseigneur commença à collectionner dès 1681, et outre les porcelaines, il appréciait particulièrement les gemmes.

 

Il fut secondé dans cette matière par le fameux orfèvre Philippe van Dievoet (1654-1738) officier de la Garde Robe du roi, attaché à la personne du Dauphin.

 

D’un tempérament doux et placide, il tint un rôle discret, affirmant que l’éducation qu’il avait reçue l’avait pour toujours dégouté de l’effort intellectuel.

 

Il passait pour un homme de peu d’intelligence.

 

Les chansonniers le surnommèrent le « Gros Gifflard »

 

Il épousa Marie Anne de Christine de Bavière qu’il aima tendrement bien qu’elle fut d’un tempérament maladif et geignard.

 

Ils eurent trois fils.

 

 





Le Dauphin enfant peinture anonyme, Portraits par Hyacinthe Rigaud


Veuf en 1690, il se remaria secrètement dès 1695 avec sa maitresse Marie Emilie de Joly de Choin (1670-1732) dame d’honneur de sa demi-sœur, la jolie princesse de Conti, que cette dernière avait renvoyée.

 

En effet, tout en étant la maitresse du Dauphin, Melle de Choin était l’amante du comte de Clermont Chaste dont la princesse de Conti était également amoureuse.

 

Le comte fut envoyé en garnison et Melle de Choin fut renvoyée.

 

Elle était réputée comme étant l’une des femmes les plus laides de la cour, étant dotée selon la duchesse d’Orléans « d’une poitrine énorme »

Le roi n’approuva pas le mariage secret de son fils et le Dauphin se retira au château de Meudon.

 

Opposé à la révocation de l’Edit de Nantes de 1685, il se signala également par sa bravoure au combat notamment pendant la Guerre de Succession d’Espagne.

 

Il réclama notamment pour son fils cadet l’héritage de la couronne d’Espagne.

 

 

Portraits de la famille du "Grand Dauphin" vers 1686, par Pierre Mignard


Victime d’une attaque d’apoplexie en 1701, il meurt de la petite vérole en 1711 à l’age de cinquante ans sans avoir pu régner, « fils de roi, père de roi, jamais roi »…

 

Les "petites maitresses" du Grand Dauphin :

  • en 1682-1686 : Marie Armande de Rambures, Melle de Rambures, fille d'honneur de sa femme la Dauphine Marie Anne de Bavière
  • en 1685-1686 : Marie Elizabeth de Gramont, Melle de St Méac, fille d'honneur de sa femme la Dauphine Marie Anne de Bavière
  • en 1686-1687 : Louise Victoire de Caumont, Melle de la Force, fille d'honneur de sa femme la Dauphine Marie Anne de Bavière
  • en 1694 : Louise Victoire de Caumont, Melle de la Force devenue marquise du Roure
  • en 1694-1695 : Marie Emilie de Joly de Choin, Melle de Choin, fille d'honneur de sa demi-soeur la princesse de Conti qu'il épousera morganatiquement.

 

 

14 avril

http://platea.pntic.mec.es/~cvera/aplicacion/telemaque/histoire/grdofch.jpg
Le Grand Dauphin
dauphin de France (1er novembre 1661 - 14 avril 1711)

le 1er novembre 1661 à Fontainebleau
Baptisé le 24 mars 1668 au Vieux-Château de Saint-Germain en Laye

Portrait vers 1668


Décédé le 14 avril 1711 au chateau de Meudon à l'âge de 49 ans mort du Dauphin, fils de Louis XIV


Portrait par Beaubrun en 1665, avec sa grand mère Anne d'Autriche (à gauche) et sa mère Marie Thérèse d'Autriche (à droite)

Base Joconde: http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0015/m502004_81ee1139_p.jpg
Louis de France, dit le Grand Dauphin (1661-1711).
Peinture de Hyacinthe Rigaud



Au matin du mardi 14 avril, l'état de monseigneur ne semble toujours pas alarmant

Celui-ci n'a-t-il pas été en mesure de recevoir les dames de la Halle parisiennes, ses fidèles amies, comme lors de l'attaque dont il a été victime en 1701?

Le roi a tout lieu de croire que son fils n'est pas spécialement en danger

il tient le matin le Conseil des finances et s'apprête à tenir celui des dépêches dans l'après-midi

Auparavant, il va rendre visite à sin fils

"le roi fut si frappé de l'enflure extraordinaire du visage et de la tête qu'il abrégea, et qu'il laissa échapper quelques larmes en sortant de la chambre"

Cette indication de SAint Simon, est corroborée par le propre témoignage de Mme de Maintenon, qui a vu revenir le roi

Néanmoins, celui-ci vaque à ses affaires et , lorsqu'il sort du Conseil des dépêches, il voir arriver Madame , laquelle raconte:
"J'allai alors trouver le roi qui me reçut très gracieusement; il était de très bonne humeur; il me reprocha de m'être tant plainte quand j'avais eu la petite vérole, et me dit que M. le Dauphin ne ressentait aucun mal.  je lui répondis que cela viendrait encore, que les boutons devaient nécessairement enfler et faire mal"

Tout ce qui se passe désormais se déroule non seulement hors de la présence du roi, mais encore à son insu jusqu'au souper

Vers 4h, Monseigneur se trouve plus mal

boudin suggère alors à Fagon d'aller quérir un conseil auprès des médecins de Paris, plus habitués aux maladies "à venin"

il se voit opposer un refus

"A 6H, reprend Madame, au moment où j'allais partir, on vint annoncer que M. le Dauphin avait de inquiétudes, et que sa tête enflait beaucoup; tout le monde pensa que c'était la suppuration et regarda cela comme un bon signe"

De ce qui s'est passé ensuite, Saint Simon a donné dans ses Mémoires le récit le plus saisissant:
"Fagon et les autres entassèrent remèdes sur remèdes, sans en attendre l'effet. Le curé, qui tous les soirs avant de se retirer chez lui, allait savoir des nouvelles, trouva, contre l'ordinaire, toutes les portes ouvertes et les valets éperdus. Il entra dans la chambre où, voyant de quoi il n'était que trop tardivement question, il courut au lit, pris la main de Monseigneur, lui parla de Dieu, et, le voyant plein de connaissance, mais presque hors d'état de parler, il tira ce qu'il put pour une confession, dont qui que ce soit ne s'était avisé, lui suggéra des actes de contrition

Le pauvre prince en répéta distinctement quelques mots, confusément les autres, se frappa la poitrine, sera la main au curé, parut pénétré des meilleurs sentiments, et reçut d'un air contrit et désireux l'obsolution du curé

Cependant le roi sortait de table, et pensa tomber à la renverse lorsque Fagon, se présentant à lui, lui cria, tout troublé, que tout était perdu

on peut juger quelle horreur saisit tout le monde en ce passage si subit d'une sécurité entière à la plus désespérée extrémité"

Cette agonie sans connaissance dura près d'une heure après l'arrivée du roi dans le cabinet à proximité de la chambre dont la princesse de Conti lui barra l'accès

Vers 11H et demi de la nuit, le Grand Dauphin rendit son dernier souffle

"Aussitôt après sa mort, pourquit Madame, il devint tout noir, ce qui montra que la fièvre pourprée s'était jointe à la petite vérole

Tout était resté dans la tête; il n'avait presque pas de boutons sur le corps, mais son nez en était couvert; il a été étouffé à proprement parler.

Son corps répandit ensuite une telle infection qu'on fut obligé de le conduire immédiatement à Saint Denis sans aucune cérémonie"

Louis de France (duc de Bourgogne)
Louis de France (duc de Bourgogne)
Le Petit Dauphin
duc de Bourgogne (6 août 1682 - 14 avril 1711)
 dauphin de France (14 avril 1711 - 18 février 1712)


plus que jamais l'avenir de la France semble porté par le duc et son épouse

Marie-Adélaïde di Savoia
Marie-Adélaïde de Savoie
duchesse de Bourgogne
 dauphine de France


Mais la duchesse de Bourgogne succombe à son tour, des fèvres le 12 février 1712

Née le 6 décembre 1685 à Turin
Décédée le 12 février 1712 à Versailles (78) à l'âge de 26 ans

Son époux, qui l'a veillée autant qu'il a pu, meurt quelques jours plus tard, le 18 février

le 6 août 1682 au château de Versailles
Baptisé le 18 janvier 1687 à la chapelle du château de Versailles
Décédé le 18 février 1712 au château de Marly à l'âge de 29 ans

Dans l'horreur de cette double mort, leur fils aîné, le très jeune mais déjà impérieux duc de Bretagne, devient dauphin

pour trois semaines seulement

le 25 juin 1704 à Versailles
Décédé le 13 avril 1705 à Versailles à l'âge de 9 mois


La mort l'emporte le 9 mars, et il s'en faut de peu qu'elle ravisse aussi son cadet, le petit duc d'Anjou, lequel lui est disputé victorieusement par les femmes qui en ont la garde

D'une fête de Pâques à l'autre, du 5 avril 1711 au 27 mars 1712, en une année à peine, la France a connu quatre dauphins
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